Auteur/autrice : Denis PIERREHUMBERT

  • Edito du 7 novembre 2024 : Assemblée générale extraordinaire du Groupe SAPEC

    L’Assemblée Générale Extraordinaire du Groupe SAPEC s’est tenue à Lausanne le 7 novembre 2024. Le cofondateur de cette association qui soutient les personnes abusées dans une relation d’autorité religieuse, Jacques Nuoffer, a été chaleureusement remercié pour son travail de pionnier. Il a démissionné peu avant son 80e anniversaire. Pendant 14 ans, il a su attirer l’attention sur les abus sexuels commis dans l’Église catholique dans toute la Suisse, alors que de nombreuses victimes étaient soutenues par des membres bénévoles du comité.

    L’ancienne vice-présidente et cofondatrice, Marie-Jo Aeby, avait déjà quitté le comité au printemps 2024.

    À l’unanimité, les membres ont élu un comité transitoire qui assumera les tâches dans une responsabilité partagée : Dr. méd. Marie-Madeleine Zufferey-Sudan, ancienne vice-présidente par intérim ; Dr. méd. Myriam Caranzano-Maître ; Marc Larivé ; Hubert Varrin (trésorier) et Gabriella Loser Friedli (secrétariat et médias). Ce comité a reçu pour mission de trouver les membres – dont un président – d’un comité pérenne.

  • Conférence Femmes et Genres – Promouvoir la question de l’égalité entre femmes et hommes

    La Conférence Femmes et Genres de l’EERS (jusqu’en 2022 Conférence Femmes) sert à la formation continue des membres de l’Église évangélique reformée de Suisse ainsi que d’associations ou organisations qui traitent de questions féminines.

    Elle encourage les échanges de connaissances et le réseautage. Elle fait entendre sa voix d’instance protestante par des séminaires thématiques, des consultations et des publications. Elle s’engage durablement et dans un esprit œcuménique en faveur de l’égalité des sexes dans le contexte de l’Église.

  • La réhabilitation du chanoine Gilles Roduit provoque l’indignation

    HAUTES FRÉQUENCES

    Accusé de violences sexuelles, le chanoine Gilles Roduit a retrouvé son ministère à Saint-Maurice. Mis en retrait en novembre dernier, il avait entamé début mai une grève de la faim pour demander sa réhabilitation.
    Celle-ci a fait vivement réagir lundi 13 mai un groupe de soutien aux victimes. La présidente de la CECAR, Sylvie Perrinjaquet en débat avec Pierre-Yves Maillard, vicaire général du diocèse de Sion.
     
    Une proposition de Laurence Villoz.

     

  • Victimes D’ABUS dans L’Eglise : Sortir du SILENCE #3

    Dans cet épisode, Marie-Jo Aeby, qui a reçu plusieurs plaintes de victimes d’abus sexuels protestantes au sein du groupe SAPEC, partage son propre parcours et celui d’autres victimes qu’elle accompagne, soulignant l’importance cruciale de la reconnaissance et de la guérison.

  • Eglise: un groupe de soutien aux victimes s’indigne de la réhabilitation du curé Gilles Roduit

    Notre indignation est profonde face à l’attitude de Gilles Roduit. Elle l’est tout autant, accompagnée d’une grande déception face à Mgr Lovey qui a cédé au chanoine sous la pression de sa grève de la faim entamée le 3 mai dernier dans la Chapelle du Scex. Quelques jours plus tard, l’évêque du diocèse a rétabli le prêtre dans sa fonction de curé de St-Maurice, alors que le Nouvelliste du 8 mai affirmait « sur le plan judiciaire … la procureure générale Béatrice Pilloud souligne qu’une instruction portant sur les abus sexuels dans l’Église « est toujours en cours » . Il n’a donc pas attendu les résultats de cette instruction.

    Une grève de la faim est un acte de révolte, de protestation à visée publique et politique pour défendre une cause, qui souvent milite pour autrui. Levier d’extrême puissance. Gilles Roduit soutient son propre objectif : retrouver sa place de curé de St-Maurice. C’est l’opposé d’une entrée pour quarante jours de jeûne et de prière (Réf. Mt 4,1.4 ; Lc 4.1-13) même s’il est dans un ermitage. Son mentor, le Christ dont il fait référence par sa croix de bois sur sa poitrine, réfute au contraire le pouvoir et la puissance et même, d’innocent qu’il est, se laisse condamner à mort sans résistance. Quelle image de ce Dieu fait homme, donne Gilles Roduit par son geste ? Dont il est fier et satisfait. Il veut même représenter ceux qui sont injustement pointés du doigt (…) et peut offrir une lumière à ceux qui souffrent de la même situation (24 H du 9.5.2024). Donc, la grève de la faim est efficace et permet d’arriver à ses fins. Est-ce l’exemple d’un bon pasteur soucieux de ses brebis, cherchant à ressembler à son maître ?

    Gilles Roduit avait été mis en retrait de son ministère de curé-doyen de St-Maurice, suite aux émissions de Mise au point de novembre 2023 sur les abus sexuels dans le cadre de l’Abbaye de St-Maurice, le temps d’une enquête pour approfondir la situation sur le plan judiciaire et pastoral. Il restait prêtre et chanoine, entouré par sa communauté. Cette attente était longue et nous comprenons sa souffrance. Les victimes d’abus sexuels au sein de l’Église doivent patienter des lustres avant d’obtenir une réponse du Vatican quand elle arrive. Autrefois, elles n’étaient trop souvent pas écoutées par les autorités ecclésiales. Gilles Roduit n’aurait-il pas pu trouver une autre fonction dans sa communauté ? Obstiné, il n’avait qu’une idée en tête : retrouver son poste, ce qui était pour lui retrouver sa dignité, comme si cette dernière ne tenait qu’à ce ministère-là.

    Pour rappel : voici une vingtaine d’années, une fillette a dénoncé Gilles Roduit à la police, dans une déposition jugée crédible, 6 mois après les faits survenus lors de la verrée familiale après la cérémonie de baptême de son petit frère. Un témoin, le parrain de la fillette a prié le curé de s’éloigner d’elle. Il n’y a pas eu de complément d’enquête. Le juge a prononcé un non-lieu, faute de preuves tangibles. C’était, sauf erreur, parole contre parole. Et à l’époque (aujourd’hui ?) on croyait plus facilement un prêtre qu’un enfant. Le non-lieu ne signifie pas que la personne accusée est innocentée. Simplement, la justice ne peut pas trancher selon la loi et ne va pas la poursuivre pour crime ou infraction par un procès. Le doute profite à l’accusé. Si l’affaire se déroulait aujourd’hui, les choses se passeraient certainement différemment. Le Code pénal suisse a aussi changé. A noter que les cas de fausses accusations d’abus sexuels par des enfants semblent très rares. A relever aussi qu’un très petit nombre de victimes portent plainte et que parmi celles-ci, peu aboutissent effectivement à une condamnation, faute de preuves. Les violences sexuelles restent très difficiles à traiter par le système pénal. La procédure judiciaire implique par ailleurs un grand coût émotionnel pour les victimes qui doivent revisiter encore et encore leur vécu traumatique.

    L’Abbaye de St-Maurice a rappelé, dans cath.ch « Aujourd’hui, nous avons la certitude objective que la cause défendue est classée et qu’il n’y aura aucun recours. Il n’y a donc plus de raison de maintenir les mesures prises sur la base des soupçons induits par l’émission MAP et de priver ce chanoine de ministère pastoral. » Il s’agit là de dispositions au niveau de la justice civile : effectivement, dans le cas présent, la justice ne peut plus poursuivre Gilles Roduit pour ces faits évoqués. L’évêque de Sion à qui revient la responsabilité de nommer ses agents pastoraux à différentes fonctions doit bien évidemment en tenir compte, mais aussi s’appuyer sur d’autres critères, d’ordre pastoral. En restant aux conclusions actuelles de la justice pénale, l’Eglise du Valais oublie que d’un autre côté, elle n’a cessé de répéter : « Victimes, annoncez-vous ! » et elle envoie, implicitement, un message opposé. Dans le cas qui nous occupe, la personne qui a témoigné à visage découvert en tant que victime dans Mise au point du 19.11.2023 a fait preuve d’un grand courage. Sa parole n’est tout simplement pas considérée. Elle aussi a subi des dégâts d’image. Qui s’en soucie ? Le chanoine, avec grande humanité, l’a traitée de menteuse. Qui s’en émeut ?
    Comment des victimes peuvent encore avoir le courage de témoigner quand l’Église du Valais montre une telle incohérence ? Lire le témoignage d’une autre victime : « J’attends de l’Église qu’elle reconnaisse ce que j’ai vécu» cath.ch du 11.9.2023. En tant qu’association de soutien aux personnes concernées par des abus d’autorité religieuse, nous sommes vraiment inquiets.
    Au nom du comité du Groupe SAPEC
    Jacques Nuoffer
    Président
    +41 79 342 49 59
    jacques.nuoffer@groupe-sapec.ch
    Marie-Madeleine Zufferey-Sudan
    Vice-Présidente
    +41 79 206 74 11 

    Si vous désirez télécharger l’article en PDF, vous pouvez cliquer sur ce lien : Indignation face à l’attitude de Gilles Roduit

  • Infolettre n° 8 Avril 2024

    Renouvellements en route ?

     

    Aux membres du Groupe SAPEC,
    à leurs familles, connaissances et à toutes personnes intéressées

     

    Cher.e.s membres et ami.e.s du Groupe SAPEC,
    Dans notre dernière Infolettre de décembre 2023, nous titrions déjà « Renouvellements » et lancions
    un appel à des forces nouvelles. Voici en bref ce qu’il en est au niveau de notre association et de la
    société suisse durant ces derniers mois.

    Renouvellement au niveau du Groupe SAPEC

     

    Un président encore actif pour neuf mois
    Contrairement à l’information d’une journaliste de la radio romande, je suis encore bien investi dans les activités de l’association comme en témoigne le PV de notre AG joint à ce courriel. Mais il est vrai qu’à la fin de cette année, après 14 ans comme président-fondateur, je remettrai mon mandat, tout en restant dans l’association. J’espère qu’un membre du comité prendra le relai et je l’accompagnerai dans sa nouvelle charge en fonction de sa demande.

    Un comité restreint partiellement renouvelé
    L’élection au comité de Manuella Lattion comme secrétaire-trésorière apporte un renouvèlement stimulant. L’intérêt de Aileen Zalapi, de Michel Borloz et de Myriam Caranzano pour les activités du comité suscite un espoir de forces nouvelles. Pour rappel : qui vient découvrir les activités du comité garde toute liberté de se retirer s’il n’y trouve pas un engagement correspondant à ses aspirations, tout en observant le devoir de confidentialité.

    Une occasion de faire connaissance, voire de s’engager : 22 juin 2024 à Lausanne
    Ce jour-là le Groupe SAPEC fêtera ces 13 ans et six mois. Il restera moins de 180 jours pour assurer la relève. Venez nous rencontrer, nous soutenir, nous questionner, nous conseiller ! Nous vous donnerons plus d’informations dans un mois. Merci de réserver cette date.


    Changements au niveau de la société suisse


    De nouvelles personnes victimes sont sorties du silence
    Mais pas seulement ! Durant ces derniers mois, des proches et des descendants de victimes ont pris contact avec nous et ont amené des domaines plus larges de travail.

    Une véritable reconnaissance des associations de victimes
    De nombreuses paroles et gestes de soutien, financiers et moraux, nous ont confirmé l’importance de notre engagement. Ils nous encouragent évidemment et nous stimulent en accentuant notre sentiment de responsabilité de tout faire pour que l’association poursuivre ses engagements dans les années à venir.


    Une Église catholique enfin à l’écoute des associations de victimes
    En 2012, le président de la COR (Conférence des ordinaires de la Suisse romande (évêques et évêques auxiliaires)) me disait : « Oui, la CES m’a transmis votre rapport. Mais j’ai des priorités plus importantes que de répondre aux demandes d’un petit groupe de victimes. Et vous n’avez aucun droit à être informés.» Le Groupe SAPEC est aujourd’hui tout aussi petit, mais les membres de la Conférence des évêques suisses ont demandé à rencontrer une délégation de notre association lors de leur prochaine Assemblée ordinaire à Einsiedeln . Si vous avez un message à leur transmettre, merci de nous le faire parvenir rapidement.

    Nos témoignages dans les média suffiront-ils ?

     

    Des articles sur cath.ch, Le Temps et des interviews sur la télévision suisse romande et suisse italienne ont mis en valeur encore récemment notre engagement depuis 14 ans. Nous avons pu préciser nos positions sur les problèmes actuels importants du traitement des abus sexuels dans l’Église catholique qui n’ont pas trouvé de solutions satisfaisantes, même en Suisse. Nous avons aussi évoqué la situation de notre association face à l’avenir.

    Personnellement, j’ai exprimé joie et satisfaction dans l’espoir que les activités du Groupe SAPEC, fondé dans la colère face à l’attitude des prélats, se poursuivent par l’engagement de personnes victimes ou de leurs proches en reconnaissance du soutien reçu, pour en faire bénéficier d’autres. Venez nous rejoindre le 22 juin !

     

    Jacques Nuoffer, Président

  • Interview de Jacques Nuoffer dans l’émission 12H45 de la RTS du 25 mars 2024

    Interview du président du Groupe SAPEC dans l’émission 12h45 de la RTS du 25 mars 2024. Vous pouvez la retrouver également sur le site de la RTS  
  • Le combat n’est pas terminé – Article du Temps 08 avril 2024

    ABUS SEXUELS

    Cofondatrice du Groupe Sapec, l’association de soutien aux victimes de violences dans l’Eglise, Marie-Jo Aeby tire sa révérence. Durant quatorze ans, elle a œuvré sans relâche pour que les personnes agressées soient enfin écoutées.

    Voir l’article (pdf)

  • Le Groupe SAPEC cherche de la relève 

    Après 13 ans d’engagement au service des personnes victimes d’abus dans le contexte religieux, notre association www.groupe-sapec.ch qui compte une centaine de membres, a besoin de relève pour son comité.
    Les membres actuels du comité qui se retirent sont, dans leur majorité, à la tête de l’association depuis plus de dix ans et souhaitent qu’une équipe plus jeune prenne la relève.

    Vers un renouveau
    Depuis que l’Association de Soutien aux personnes Abusées par des Prêtres de l’Eglise Catholique (SAPEC) a été fondée en 2010, il y a eu bien des réalisations positives dans lesquelles elle a joué un rôle certain.
    La situation a évolué et il est nécessaire de redéfinir les buts, de hiérarchiser des priorités et peut-être d’adapter ou changer le nom de l’association pour qu’elle soit plus ajustée à l’ouverture à une autre région linguistique, à d’autres religions, à d’autres types d’abus en leur sein.

    L’arrivée d’une nouvelle direction et d’un nouveau comité favoriserait une telle évolution. Cela peut aussi passer par une dissolution du Groupe SAPEC qui renaîtrait dans une structure orientée vers les engagements à venir.

    Le futur comité et ses membres
    Dans les statuts actuels, le comité doit être composé au minimum de 3 membres : d’un.e président.e, d’un.e vice-président.e, d’un.e secrétaire-trésorier.ère qui devront être élu.es par l’assemblée générale qui aura lieu le 7 mars 2024 à Lausanne. Les anciens membres sont tous disponibles pour coacher les nouveaux venus et les accompagner dans le renouveau nécessaire.

    Profil souhaité
    Personnes concernées par les abus, soit directement, soit plus largement.
    Personnes actives dans le domaine psychosocial, juridique, administratif, informatique, communication, etc. Nous cherchons :
    ⦁ un.e président.e,
    ⦁ un.e vice-présent.e ⦁ un.e secrétaire,
    ⦁ un.e trésorier.ère,

    Il s’agit d’un engagement régulier, mais dont les horaires sont souples et variables en fonction de la demande. Taux d’occupation des membres actuels : 1 jour ½ par semaine en moyenne.

    Mais les membres du futur comité devront décider de leurs projets en fonction de leur disponibilité. Il s’agit d’une activité bénévole pouvant s’effectuer en grande partie à domicile.

    Entrée en fonction : mars 2024


  • Emission « MISE AU POINT » RTS 19 et 26 novembre 2023

    Enquête réalisée par le journaliste François Ruchti sur les abus sexuels commis au sein de l’Abbaye de St-Maurice (VS)